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L'Histoire de Prat Dumas

Il nous reste très peu de documents antérieurs à 1453 année de la fin de la Guerre de cent ans. C’est pour cela que pour rédiger l’histoire du Moulin des Barreaux on est obligé de chercher des informations ailleurs et procéder par recoupements.

La première fois que l’on parle de Couze c’est en l’an 1117. A cette époque un bourg n’a pas d’existence sans une église. Il est vraisemblable que c’est de cette époque que date l’église Saint Steff (Saint Etienne) construite à côté du moulin.

Les châtellenies de Couze et de Bayac sont rattachées à l’Archevêché de Bordeaux grâce à l’héritage de Mme Fine de Cosa (Couze) qui décède sans héritiers en 1304 et lègue ses biens à l’Archevêché.

Bertrand de Goth archevêque de Bordeaux depuis 1300 installe Bertrand de Marques à Couze pour s’occuper de ses biens en 1304. Serait-ce pour installer le premier moulin à papier ?

En tout cas, l’archevêque de Bordeaux Bertrand de Goth se rend personnellement à Choza (Couze) le 17 Septembre de la même année, ce qui nous montre l’intérêt qu’il porte à Couze.

L’année suivante en 1305 Bertrand de Goth est élu Pape sous le nom de Clément V.

En 1306 meurt Bertrand de Marques et sa fille Raymonde épouse le chevalier Jean de Serval qui prend la suite de l’administration des biens de Couze.

Dans l’église Saint Etienne de Couze et dans la nef principale, on peut voir la pierre mortuaire gravée commémorative du décès du chevalier de Marques.

Dans la chapelle du côté sud, sur la clef de voûte, on peut voir l’écusson des Serval,le chat sauvage ou chat servié. Ce qui nous porte à croire que cette partie de l’église date d’après 1306.

Dans les années 1309-1310, en Angleterre, on achète régulièrement du papier pour faire les comptes « d’une qualité médiocre » qui était appelé papier de Bordeaux. A Oxford aussi on utilise du papier de la même qualité moyenne que celle des « coutumes de Bordeaux ».

Tout nous porte à croire que ce papier d’une qualité très moyenne provient d’un moulin peu expérimenté de la région de Bordeaux. La communication fluviale de Couze vers Bordeaux étant importante, nous pouvons supposer que le papier dit de Bordeaux provenait de Couze.

Nous avons pour confirmer l’existence d’un moulin à papier à Couze en 1309 le compte-rendu d’une procédure judiciaire de 1470 où il est question d’un acte de transaction d’un « déjà vieux » Moulin des Barreaux anciennement appelé Moulin Servil ou Serval.

En 1459 Marguerite de Serval, fille de Bernard de Serval et petite fille de Jean de Serval, ayant épousé un certain Bosredon, prête hommage à Artus de Montauban archevêque de Bordeaux et le Moulin des Barreaux revient à l’Archevêché. En 1471 le seigneur de Gontaut vend au chambellan du duc d’Aquitaine Patrice Foucault la Châtellenie de Couze.

Les moulins de Couze sont peu rentables et ils deviennent la propriété des maîtres papetiers qui les exploitent.

En 1685 la Révocation de l’Edit de Nantes provoque la fuite des maîtres papetiers Huguenots en Hollande mais ils laissent dans les moulins des membres de la famille convertis qui continuent à produire du papier. A partir de cette date, une partie très importante de ce papier est exportée à Amsterdam. C’est le début de la fabrication du papier de Hollande aux armes d’Amsterdam dans le Moulin des Barreaux et dans les autres moulins de la Couze.

Entre 1790-1820, avec la révolution et les guerres napoléoniennes, les exportations se font rares et la production de papier périclite dans la vallée.

Beaucoup de moulins de Couze tardent à se moderniser et certains ferment.

Vers 1880 Monsieur Prat propriétaire du Moulin des Barreaux commence à expérimenter avec un pharmacien de Bergerac l’utilisation d’un nouveau type de papier pour filtrer les préparations médicinales. Il invente un papier filtre à forme ronde qui, plissé à la main, fait la prospérité de sa famille et de Couze. L’alliance par mariage avec la famille DUMAS propriétaire d’un moulin, donne naissance à la dynastie PRAT-DUMAS qui devient la référence des papiers filtres en France et en Europe pendant plus d’un siècle.

Aujourd’hui la société PRAT-DUMAS continue la fabrication de papiers filtres et d’autres papiers techniques sur le même site dans LE MOULIN DES BARREAUX VIEUX.

Les papiers « d’art faits main » sont fabriqués dans le MOULIN DES BARREAUX NEUFS.

L’église Saint-Etienne de Couze est devenue au XIXe siècle la propriété du moulin.

La société Prat Dumas est la plus vieille entreprise de France.

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